On arrive à la pointe Saint-Mathieu un matin de vent d’ouest, et la première chose qu’on voit, ce n’est pas le phare : c’est l’abbaye en ruine qui lui sert de socle. Ce mélange de pierre médiévale et de tour-signal résume bien ce que le Finistère propose à ceux qui suivent la côte. Les phares ne sont pas de simples curiosités : ce sont des points d’ancrage pour organiser un itinéraire entre falaises, ports et sentiers du GR34.
Phare du Créac’h et île Vierge : deux records qui justifient le détour par Ouessant et Plouguerneau
Quand on prépare une visite dans le Finistère autour des phares, deux noms reviennent systématiquement. Le phare du Créac’h à Ouessant est considéré comme le plus puissant au monde. L’île Vierge, accessible depuis Plouguerneau, est quant à elle le plus haut phare d’Europe.
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Ces deux distinctions ne sont pas anecdotiques : elles structurent l’attractivité touristique du nord Finistère et conditionnent les flux de visiteurs en saison. On ne monte pas au sommet de l’île Vierge comme on visite un musée. L’escalier est étroit, la montée physique, et la vue sur le pays des Abers récompense l’effort.

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Pour Ouessant, la contrainte est logistique. La traversée en bateau depuis Brest ou Le Conquet demande de bloquer une journée entière. On recommande d’y aller hors juillet-août si on veut profiter du Créac’h sans la foule. Le phare du Stiff, également sur l’île, est plus ancien et moins visité, ce qui en fait un bon complément pour ceux qui dorment sur place.
GR34 entre Morlaix et la pointe du Raz : les panoramas maritimes les plus sauvages du Finistère
La route des phares ne se parcourt pas uniquement en voiture. La portion du GR34 entre Morlaix, Crozon et la pointe du Raz est régulièrement citée comme la plus sauvage de tout le sentier côtier breton. On y enchaîne des points de vue maritimes impossibles à voir depuis la route.
Entre le cap de la Chèvre et la pointe de Pen-Hir sur la presqu’île de Crozon, le sentier longe des falaises où la lande rase tombe directement dans la mer d’Iroise. Pas de barrière, pas de belvédère aménagé : on marche au bord. C’est physique par endroits, et les retours varient sur l’état de certains tronçons après les tempêtes hivernales.
À la pointe du Raz, l’expérience a évolué ces dernières années. La Maison de site propose jusqu’au 1er novembre 2026 une exposition intitulée « Phares d’Iroise : l’intime et le monumental », qui mêle approche visuelle, sonore et culturelle des gardiens de phare. On passe du panorama brut à un contenu muséographique solide, ce qui donne une raison supplémentaire de s’y arrêter plus d’une heure.
Phare de Trézien et pointe de Kermorvan : anticiper les fermetures au Conquet
Planifier un circuit phares dans le Finistère nord sans vérifier les accès serait une erreur. Le phare de Trézien est actuellement fermé pour travaux de restauration, avec une réouverture annoncée pour 2026 sans date précise. Beaucoup de guides en ligne le présentent encore comme visitable. On se retrouve devant un chantier si on ne vérifie pas avant de partir.
La pointe de Kermorvan, juste à côté du Conquet, reste en revanche accessible toute l’année. Le phare n’est pas ouvert au public, mais le site offre un des meilleurs points de vue du nord Finistère, face aux îles de Molène et Ouessant. C’est aussi un spot photographique de premier plan au coucher du soleil.

Quelques repères pratiques pour organiser cette portion du littoral :
- Le Conquet sert de base pour la traversée vers Ouessant et Molène, avec des liaisons régulières depuis le port
- La pointe Saint-Mathieu se trouve à quelques kilomètres et combine phare, abbaye et vue sur le goulet de Brest
- Plouarzel (commune de Trézien) dispose de peu de stationnement en saison, mieux vaut arriver tôt le matin
Finistère sud : le phare d’Eckmühl à Penmarc’h et les spots moins fréquentés
Le sud du département est souvent éclipsé par la concentration de phares du nord. Le phare d’Eckmühl, à la pointe de Penmarc’h, mérite pourtant un arrêt prolongé. Le vieux phare voisin abrite un Centre de Découverte Maritime qui explique le fonctionnement des balises et systèmes de signalisation, avec des expositions temporaires d’art contemporain à l’étage.
Le site de Penmarc’h cumule sur quelques centaines de mètres deux phares, une chapelle et une vue dégagée sur la baie d’Audierne. C’est un point de départ logique pour explorer la côte sud avant de remonter vers la presqu’île de Crozon.
Plus discret, le phare du Millier, sur la commune de Beuzec-Cap-Sizun, n’est pas ouvert à la visite mais son environnement vaut le détour. Le sentier qui y mène depuis le GR34 traverse une zone boisée inhabituelle pour le littoral finistérien. On y croise rarement du monde, même en août.
Couchers de soleil sur la côte finistérienne : les spots à privilégier
Un séjour dans le Finistère orienté phares et panoramas maritimes se prête naturellement aux fins de journée. La pointe de Kermorvan et la pointe Saint-Mathieu figurent parmi les meilleurs spots de coucher de soleil du département, grâce à leur orientation plein ouest face au large.
Sur la côte sud, la pointe de la Torche offre un panorama rasant sur l’océan, très différent des falaises du nord. L’ambiance y est plus ouverte, avec des dunes et une plage de sable.
- Pointe de Kermorvan : vue sur Molène et Ouessant, soleil face à l’horizon maritime
- Saint-Mathieu : silhouette du phare et des ruines de l’abbaye en contre-jour
- Pointe du Raz : spectaculaire par temps dégagé, souvent venté
- Pointe de la Torche : accessible et dégagée, idéale pour les photos au ras de l’eau
Le Finistère concentre sur un littoral relativement court une densité de phares et de belvédères naturels qui n’a pas d’équivalent en France métropolitaine. L’itinéraire le plus efficace relie Plouguerneau au nord à Penmarc’h au sud, en passant par Crozon et la pointe du Raz. Vérifier les ouvertures de sites avant de partir reste la précaution la plus rentable en temps de visite.

